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La vie sous le soleil : un regard sur l’éternel charme de Malibu

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Everything Under The Sun

Près de 34 kilomètres de côte constellée de grandes plages de sable, de sommets atteignant des hauteurs de près de 1000 mètres, de profonds canyons, de splendides cascades, de vastes ranchs et de complexes reculés. Nous sommes à Malibu.

Généralement associée au surf et aux célébrités, Malibu est à la fois une petite ville pittoresque et une destination de vacances luxueuse. Le mélange équilibré de rusticité et de glamour a longtemps attiré les riches et célèbres en quête d’intimité à Malibu avant son incorporation officielle en tant que ville en 1991. Avec pas moins de 29 plages dont nombre d’entre elles donnent accès à des vagues de diverses tailles et qualités, on comprend facilement comment la ville est également devenue synonyme de surf. Mais malgré tous ses liens avec la culture pop éphémère, Malibu a conservé son succès grâce à son authenticité.

Aerial photograph of the Malibu Movie Colony and the Malibu Pier beyond, 1930s

Photographie aérienne de la Malibu Movie Colony et, plus loin, du Malibu Pier, 1930. Photo de la collection Eric Wienberg, des collections spéciales de l’Université de Pepperdine et des archives de l’Université.

Située dans une région d’une beauté naturelle exceptionnelle, ce qui est aujourd’hui la ville de Malibu était à l’origine habitée par des indigènes de la tribu Chumash environ 2 500 ans av. J.-C. « Malibu » est un dérivé du nom de leur colonie « Humaliwo » qui se traduit par « le ressac sonne fort », et la terre qu’ils avaient choisie comme centre de leur colonie est en fait aujourd’hui le centre-ville de Malibu. Bien avant que l’on s’y rende pour le shopping et les loisirs, Malibu a été colonisée par les Espagnols pendant l’ère des missions au 18e siècle et au début du 19e, aboutissant à la création du « Rancho Topanga Malibu Sequit » par concession de terre en 1804.
Le Rancho a changé de mains à deux reprises après la concession initiale et a fini en possession de Frederick Hastings Rindge, l’un des hommes les plus riches d’Amérique. Rindge et son épouse Rhoda May Knight Rindge sont considérés comme les fondateurs de l’actuelle Malibu, et ont même un jour été qualifiés de « roi et reine de Malibu ». L’expansion du Rancho de 17 000 acres et les transactions commerciales qui ont suivi ont préparé le terrain pour la croissance de la ville, et après le décès de Frederick, May Rindge poursuit son travail, menant finalement à la création de la première communauté exclusive de Malibu.

Opened in 2007, Oliver Peoples’ Malibu boutique

Ouverte en 2007, la boutique Oliver Peoples de Malibu se trouve au cœur du Malibu Country Mart.

Ayant réussi à faire passer le chemin de fer Southern Pacific autour de Malibu, bien qu'à ses dépens, May Rindge n’a d’autre choix financier que de louer de précieux terrains dans la zone de Malibu Lagoon. Elle finit par vendre de petites maisons aux grandes stars d’Hollywood, établissant ainsi la Malibu Movie Colony (aujourd’hui la Malibu Colony) comme enclave pour les riches et célèbres. Au cours des décennies qui s’en suivent, davantage de célébrités rejoignent la plage. L’explosion de la scène du surf à la fin des années 50 engendre également l’apparition d’une contre-culture à Malibu. Lentement mais sûrement, musiciens, artistes et architectes s’installent dans cette paisible ville balnéaire aux côtés des stars hollywoodiennes, de plus en plus fréquentes parmi les résidents. Le mélange de personnalités déjà célèbres dans le monde entier, de stars en devenir et de rêveurs pleins d’espoir a créé un terrain fertile où la créativité pouvait se développer. En plus des nombreux films, albums et romans qui ont été conçus et écrits à Malibu, des dizaines et des dizaines de maisons incarnent l’esprit créatif présent dans ce lieu. Un exemple saisissant : « The Wave House », qui a attiré de nombreuses productions cinématographiques et télévisuelles au fil des années, mais à l’intérieur de laquelle aucune photographie n’avait été prise depuis les années 1960, avant qu’Oliver Peoples ne l’utilise pour sa campagne d’été 2016 « A California Day ».

Natalie Wood and Steve Rowland at the Thalians Beach Ball in Malibu, 1956

Natalie Wood et Steve Rowland au Thalians Beach Ball à Malibu, 1956. Photo : Early Leaf/Archives Michael Ochs/Getty Images.

Conçue par Harry Gesner, alors qu’il était assis sur une planche de surf face au rivage, et construite à la fin des années 50, la maison entend évoquer la crête d’une vague et présente un toit en cuivre incurvé dont le bardeau ressemble aux écailles d’un poisson. Si elle semble familière, c’est peut-être parce que l’architecte danois Jorn Utzon l’a utilisée comme source d’inspiration pour la conception de l’Opéra de Sydney, sans doute l’un des plus célèbres édifices au monde. Bien que le design accrocheur de Gesner incarne l’esprit libre de Malibu, ce n’est pas pour autant le style architectural absolu de la ville, si tant est qu’il y en ait un. L’architecture à Malibu est aussi variée que ses habitants ; leurs styles vont du minimalisme à l’extravagance. Prenons par exemple le modernisme simple de la « Steinman House ». Conçue par Craig Ellwood et Jerrold Lomax en 1956, elle est à l’opposé de la « Wave House » en ce sens qu’elle a été conçue selon un budget précis et construite dans un style similaire aux célèbres « Case Study Houses » d’Ellwood.

Airdale, une monture style pilote moderne, présente des détails raffinés aux côtés de solides verres dégradés.

La modèle Marlyse : le look d’une monture œil-de-chat sur un élégant design métallique.

Bien qu’à première vue, elle ne ressemble guère plus qu’à une maison en bois basique, le souci du détail et la capacité d’Ellwood à insuffler un sentiment d’appartenance au style austère créé par la Bauhaus au début du 20e siècle porte la Steinman House à un niveau exceptionnel. Méticuleusement rénovée en 2011, la maison a récemment servi de lieu de shooting photo pour le tournage de la campagne printemps 2021 d’Oliver Peoples, les propriétaires actuels s’étant démenés pour équiper l’intérieur de meubles rares et d’œuvres d’art de l’époque, dont beaucoup nous ont servi d’inspiration au fil des années.
Une autre source de grande inspiration située juste au sud de la côte de Malibu est la « Villa Getty », véritable merveille d’architecture et référence culturelle. Ouvert en 1954 pour exposer sa collection grandissante d’antiquités grecques et romaines, le J. Paul Getty Museum a finalement été rebaptisé la « Villa Getty » après l’ouverture du « Getty Center », plus grand, en 1997. Inspiré d’une maison de campagne romaine du Ier siècle, la Villa dei Papiri à Herculanum, le musée a ouvert ses portes en 1974 et est rapidement devenu l’un des bâtiments les plus emblématiques du comté de Los Angeles.

Craig Ellwood, Steinman House, 1956, Malibu

Craig Ellwood, Steinman House, 1956, Malibu, Californie. Photo de Richard Powers.

Lorsqu’on se promène dans ses quatre jardins impeccables, ornés de plantes méditerranéennes dont on sait qu’elles ont été cultivées par les Romains, on peut facilement se perdre dans l’instant présent et se laisser emporter loin de la mégapole qu’est Los Angeles. Bien que le musée compte 44 000 objets grecs, romains et étrusques dans sa collection, la villa elle-même, ainsi que le terrain sur lequel elle se trouve, sont sans doute plus attrayants pour les visiteurs.
Comme le montrent ces bâtiments, il y en a vraiment pour tous les goûts à Malibu, et toujours tout près des vagues déferlantes. Pour cette raison en particulier, il n’est pas surprenant qu’à la seconde moitié du 20e siècle, Malibu soit devenue célèbre pour ses résidents prestigieux et leurs propriétés souvent somptueuses, à la fois au bord de l’océan et à l’est dans les montagnes.

The Rolling Stones on Malibu beach, 1964

Les Rolling Stones sur la plage de Malibu, 1964. Photo : Daily Mirror via Getty Images.

La liste des artistes, magnats des médias et personnes d’influence qui vivent actuellement ou qui ont vécu à Malibu est longue, variée et compte quantité de stars. Même une brève visite à Malibu suffit pour comprendre pourquoi certaines des personnes les plus connues de la planète y sont attirées, mais il est difficile de n’y faire qu’un simple passage. Hollywood et Malibu ne sont qu’à 43 kilomètres de distance, et pourtant un monde les sépare ,et on peut facilement passer des journées entières à explorer tout ce que Malibu a à offrir. Fréquemment citée dans des chansons emblématiques, associée à « la belle vie » et appelée à vendre de tout, des planches de surf au miel biologique, Malibu regorge de lieux magnifiques. Même dans les 51,2 kilomètres carrés occupés par la ville, la topographie et la faune et la flore sont assez variées, ce qui la rend encore plus attrayante. Au-delà des amateurs du plein air adeptes de belles randonnées, de VTT et d’escalade, les différentes façons dont Malibu peut être observée à travers un objectif de caméra ont attiré les producteurs hollywoodiens dans ses montagnes et sur ses plages et ce, dès ses débuts. Le paysage est non seulement visuellement saisissant, mais aussi spirituellement inspirant.

The Getty Villa, 2006

La Villa Getty, 2006. Photo Joe Sohm via Getty Images.

Dans cet esprit, on saisit aisément la richesse de l’image de la vie à Malibu que Joan Didion dépeint dans son recueil d’essais, The White Album. Didion a écrit la majorité de ces essais entre 1971 et 1978 alors qu’elle vivait à « 132 pas de l’océan Pacifique » et son dernier, « Quiet Days in Malibu », composé de deux œuvres initialement publiées dans Esquire en 1976, offre un regard particulièrement intimiste sur Malibu à travers les yeux de ses habitants. « Nous connaissions tous les voitures des uns et des autres… Nous nous laissions des colis et des messages à la Gulf station… Nous nous appelions par temps de grands vents, d’incendies et de fortes pluies… »
L’auteure écrit :« De fait, c’était un mode de vie que je ne m’attendais pas à trouver à Malibu. » La Malibu qu’elle connaissait était une communauté soudée où célébrités et gens ordinaires coexistaient sans arrière-pensée, en se soutenant mutuellement en cas de besoin et en laissant chacun vivre à sa guise le reste du temps. Il n’est pas exagéré d’imaginer que les mots de Joan Didion parlent aux nombreuses célébrités qui ont élu domicile à Malibu depuis la fin des années 70.

We all knew one another’s cars… We left packages and messages for one another at the Gulf station...We called one another in times of wind and fire and rain...In fact this was a way of life I had not expected to find in Malibu.

– Joan Didion,
The White Album

We all knew one another’s cars…

Visitez Malibu de nos jours et vous constaterez que peu de choses ont changé depuis l’ère Didion. Les constructions le long de la côte sont restées minimales par rapport à ce que l’on pourrait imaginer sur une aussi belle étendue de terre. Contrairement au premier paragraphe de l’essai de Didion, Malibu compte désormais de nombreux restaurants plus qu’accessibles et des hôtels-boutiques chics (sans parler des nombreux Airbnb) où les voyageurs peuvent se reposer, et des gens du monde entier choisissent Malibu comme destination de vacances. Et pourtant, elle apparaît toujours comme une petite ville discrète lorsqu’on la visite, un lieu d’intimité et de curiosité. Les embouteillages cauchemardesques sur la Pacific Coast Highway aux heures de pointe cèdent toujours la place à une route libre qui nous prie

Marilyn Monroe, Malibu Beach, 1962

Marilyn Monroe, plage de Malibu, 1962. Photo de George Barris.

Le modèle Ysela se fond dans le feuillage tropical de la Steinman House de Malibu.

de continuer à rouler jusqu’aux limites de la ville, juste au nord de là où Mulholland Drive débouche sur le Pacifique, sur la Leo Carrillo State Beach. De là, les nombreux canyons qui sillonnent les montagnes de Santa Monica appellent à l’exploration. Alors quel autre choix que de faire demi-tour et de se diriger vers le sud, en faisant des arrêts fréquents pour profiter de vues panoramiques s’étendant de Palos Verdes aux Channel Islands ?
Bien que l’on pense souvent le contraire, nous sommes à la merci du monde naturel, et les plans les mieux étudiés sont facilement perturbés par ce qu’il n’est pas possible de contrôler. Au mieux, on peut espérer influencer la nature en notre faveur, mais il suffit de voir le soleil se lever derrière le centre-ville de Los Angeles côté est, ou plonger dans le Pacifique côté ouest pour se rendre compte de la puissance d’un moment « ordinaire » à Malibu.

Director Sydney Pollack, Barbra Streisand, Robert Redford  in “The Way We Were,” 1973

Le réalisateur Sydney Pollack, Barbra Streisand et Robert Redford dans Nos plus belles années (1973). Photo : Steve Schapiro/Corbis via Getty Images.

TEXTE : Andrew Maness

First picture is from our 2016 campaign photographed by Lisa Eisner.

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